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Leah Gordon et sa série Caste Portraits


La dernière série de Leah Gordon explore une pratique qui consistait en une gradation de la couleur de peau du blanc au noir, gradation qualifiée de « caste », et qui révèle l’étendue des mélanges raciaux dans l’Haïti colonial du 18e siècle.

Il s’agit d’un système de mesure qui va du noir au blanc en neuf degrés, développé par un colon français vivant en Haïti pendant la période de plantation esclavagiste. Moreau de Saint-Méry a créé une taxonomie surréaliste de la race qui a classé la couleur de la peau de la population de la colonie, où le blanc, ou «Blanche» était inévitablement socialement supérieur au «Noir». Utilisant des noms empruntés à la mythologie, à l’histoire naturelle ou au métissage de bestiaux, St Mery a décrété neuf degrés de couleur de peau : du noir pur à 1/8 blanc et 7/8 noir et ainsi de suite jusqu’à «Sacatra», «Griffe», «Marabou», «Mulâtre», «Mamelouque», «Quarteronné» et «Sang Mêlé », jusqu’à « Blanc ».

Comme Colin Dayan, un historien haïtien, l’a commenté, « plus étrange que n’importe quelle fiction surnaturelle, l’irrationalité radicale des méthodes de Moreau St Mery démontre jusqu’où peut aller l’imagination lorsqu’elle est pilotée par des préjugés raciaux ».

La découverte par Leah Gordon du système de classification de Moreau l’a inspirée à faire ses Caste Portraits de neuf variétés de peau, avec elle-même à une extrémité de l’échelle, la «Blanche», et son partenaire, André Eugène, un sculpteur haïtien, à l’autre bout de ce spectre racial..

Leah Gordon (UK/Haïti) est artiste et commissaire d’exposition. Elle a produit un ensemble d’œuvres sur les frontières de représentativité entre l’art, la religion, l’anthropologie, le post-colonialisme et l’histoire des peuples. Son travail photographique est un registre des points de réunion et de jonction de l’histoire, de la cosmologie et du présent.

Ses œuvres cinématographiques et photographiques ont été exposé à l’international, en incluant des lieux comme la National Portrait Gallery, UK ; le Parc de la Villette, Paris ou le Museum of Contemporary Art de Sydney. Son livre de photographie Kanaval: Vodou, Politics and Revolution on the Streets of Haiti a été publié en juin 2010.

Leah est co-directrice de la Ghetto Biennale de Port-au-Prince, Haïti, et a été dans les équipes curatoriales du 1e pavillon Haïtien à la 54e Biennale de Venise, pour In Extremis au Fowler Museum et pour Kafou : Haiti, History & Art à Nottingham Contemporary (toutes deux à l’automne 2012). Elle est conférencière à l’University of Bedfordshire, et est représentée par la Riflemaker Gallery, Londres.

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