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Armando Mariño | Cuba

Né en 1968, à Santiago de Cuba, Cuba,
Vit et travaille à New York, États-Unis.
Peinture, sculpture
http://armandomarino.com/

“Une fois encore, je joue avec le statut symbolique de la peinture et sa capacité d’à la fois monumentaliser et de rendre trivial le drame humain” Armando Mariño

Le dilemme éthique impliqué par l’esthétisation ou la domestication d’un évènement violent- depuis le moment où il devient “un flash info” et est converti en art à travers la peinture- constitue l’axe du travail récent d’Armando Mariño.

S’appropriant les images dont la propriété intellectuelle et l’autorité deviennent moins importantes (ordinaires, quotidiennes) et auxquelles les mortels ordinaires ont un accès immédiat via Internet ou par la presse, Mariño lance une nouvelle sorte de néo-historicisme. Il atomise la citation, un procédé rendu évident à travers une procédure de distanciation picturale- une distorsion d’une distorsion pourrait-on dire- dans laquelle la référence originale est complètement perdue. En ce sens-là, on peut affirmer que ses images portent le signe bâtard dans la mesure où leur véritable lignée est inconnue. Et cependant, les œuvres continuent de porter une certaine aura mystérieuse parce qu’elles ont été converties, extraites de leurs origines et sublimées pour devenir des œuvres d’art.

Dans une sorte d’opération cachée, Mariño manipule son « matériel trouvé », créant des images qui approchent de l’abstraction. Il altère le sens initial et littéral de l’image et rend le spectateur confus avec une belle image où l’élément essentiel est la plupart du temps exactement ce que nous ne pouvons pas voir. Nous sommes forcés de nous reposer sur nos autres sens en complément, là où c’est possible. Grâce à ce traitement pictural, le sens « épique » de l’image nous submerge, mais en tant qu’évocation et non pas preuve. En conséquence, dans notre perception de l’image il y a quelque chose qui manque dont l’absence même suggère le fait que nous sommes en train de regarder une altération. De plus, le traitement chromatique de Mariño –pigments vifs et couleurs fluorescentes en harmonie avec ces moments- nous laisse avec un résidu visuel qui est hédonistique, voire pervers. En conclusion, ces peintures ne devraient pas seulement être vues, mais ressenties dans toute leur fragmentation.

Cet exil conscient de la preuve (ou dissolution du référent) devient, par extension, une critique de notre apathie et indifférence politiques qui se manifestent par le fait de vivre passivement avec une violence sublimée ou naturalisée. Sa quotidienneté la rend invisible. Néanmoins, le mode opératoire artistique d’Armando Mariño dans son intégralité est aussi un commentaire sur la peinture en elle-même. Une fois encore, sa substance discursive réapparaît : la capacité représentationnelle de la peinture, sa responsabilité en tant que garant de l’ambigüité topologique et sa forte habilité pour être en lien avec à la fois l’arène du monde de l’art et au-delà.

New York 2012

Diplômé de l’Ecole provinciale d’art Joaquín Tejeda de Santiago de Cuba (1987), de la faculté d’éducation artistique de l’Institut Supérieur Pédagogique Enrique José Varona de La Havane (1992) et de la Rijksakademie d’Amsterdam, Hollande (2005).

Armando Mariño a reçu le 2e prix du Salon National d’Art Contemporain Cubain (1997) ; la mention d’honneur du 30e Festival International de Peinture de Cagnes-sur-Mer (1998) et le Prix L’Oréal d’Art Contemporain à Madrid (2002).

L’artiste a effectué plusieurs résidences dont une au Bronx Museum en 2011, une aux Chashama Studios de Brooklyn à New York en 2011 également, ou encore à la Mattress Factory de Pittsburgh en 2010.

Son travail a été appuyé par plusieurs bourses de la Pollock-Krasner Foundation (2011), de la Christopher Reynolds Foundation (2010), de la Ford Foundation (2010) et du ministère des affaires étrangères hollandais pour étudier à la Rijksakademie d’Amsterdam (2004-2005).

Ses dernières expositions individuelles concernent : The Waste Land à la Thomas Jaeckel Gallery de New York (2012) ; Recent Paintings from the Year of the Protester au 8th Floor Space de New York (2012) ; Drilling America à la PanAmerican Art Projects de Miami (2009) ; Interiors à la Fernando Pradilla Gallery de Madrid, Espagne (2007); Tervuern’s Tales à la Grusenmeyer Art Gallery de Deurle, Belgique (2007) ; Crash/Clash à la Hof & Huyser Gallery d’Amsterdam, Hollande (2006) ; The Night Inside of the Painter’s House à la Galerie Jean Brolly de Paris, France (2006) ; Beautiful World dans la Project Room de la Rijksakademie d’Amsterdam (2005) ; Amsterdam, Recent Paintings (2005) et Esteticamente correcto (2003) à la Galeria Fernando Pradilla de Madrid, Espagne ; l’exposition itinérante à Cadiz de Arte en las Venas (2002) ; Con Permiso de Mi Antropólogo à la Galeria Ad Hoc de Vigo, Espagne (2002) et l’exposition Más Allá au Centro de Arte Wilfredo Lam (2000) et au Museo Extremeño Iberoamericano de Arte Contemporáneo de Badajoz (2001).

Quant à ses participations à des expositions collectives, elles incluent : Skyline Adrift. Cuban Art and Architecture à Art Omi Sculpture Field Park, New York, USA (2012) ; Building Identities. Contemporary Cuban Art from the Shelley & Donald Rubin Private Collection à la Cleveland Clinic’s Art Program de l’Ohio (2012) ; Buy What You Love avec la Rema Hort Mann Foundation à la Marianne Boesky Gallery de New York (2011) ; les expositions itinérantes Queloides: Race and Racism in Cuban Contemporary Art / Raza y Racismo en el arte cubano contemporáneo aux Etats-Unis et à Cuba (2011-2012), Sinergias. Latinamerican Art in Spain au Museo de Arte Contemporáneo de Unión Fenosa de Coruña et au MEIAC, Espagne (2010-2011) et Cuba Avant-Garde: Contemporary Cuban Art from The Farber Collection aux Etats-Unis (2007-2010) ; Without Mask. Contemporary AfroCuban Art à la Johannesburg Art Gallery, Afrique du Sud (2010) ; Visiones Publicas, Pasiones Privadas au Museo de Arte Contemporáneo de Vigo, Espagne (2008) et Looking Back Looking Black African-American, African & Latino Images from the Robert E. Holmes Collection au Kansas African-American Museum, Etats-Unis (2006).

Armando Mariño a également participé à la 6e (1997) et à la 8e Biennale de La Havane (2003) ainsi qu’à Eventa 5, la Biennale d’Art Contemporain d’Uppsala en Suède (2000) ou à la 3e Biennale de Peinture de la Caraïbe à Saint Domingue (1996). En 2011, il est exposé dans The (S) Files – la biennale du Museo del Barrio de New York, USA.

Les œuvres d’Armando Mariño sont comprises dans les collections des institutions suivantes :

Centro de Arte Wilfredo Lam et Museo Nacional de Bellas Artes de La Havane, Cuba ; Deustche Bank Collection, collection Howard Farber de New York, de la collection privée Shelley & Donald Rubin de New York, d’ART/OMI Residency à New York, ASU Art Museum en Arizona, aux USA ; Berardo Museo de Arte Moderna de Sintra, Portugal ; Museo Extremeño Iberoamericano de Arte Contemporáneo le MEIAC de Badajoz et du CEGAM, Centro Gallego de Arte Contemporaneo de Galice, Espagne ; de la Rijksakademie d’Amsterdam, ou encore de la De Nederlandshe Bank, Hollande.

Les oeuvres de l’artiste

Armando Mariño | Exiled

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Armando Mariño | Revolution in the House of Colors

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Armando Mariño | Shaman

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Armando Mariño | Flower Man

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